Le rapport annuel ou les défis et opportunités des PME


« Les PME constituent un baromètre pour toutes sortes d’évolutions ou problèmes touchant le secteur. L’analyse de leur fonctionnement et des conditions de leur prospérité permet de se faire une idée précise des améliorations à apporter au marché de la construction. »

C’est par ces mots que l’administrateur délégué Robert de Mûelenaere et la présidente Colette Golinvaux ouvrent le rapport annuel 2015-2016 de la Confédération Construction. Un rapport intitulé L’avenir des PME dans la construction et qui va jusqu’à s’intéresser aux micro-entreprises…

Outre son introduction, l’avant-propos de ses deux têtes de pont et le rappel des outils de communication développés par la Confédération pour ses plus de 14.000 membres, l’essentiel document annuel de 160 pages se subdivise en 5 chapitres.
 

1.    Tendances et défis

Ce chapitre met en exergue la place même des PME dans le secteur, en pointant les contrariétés de celles-ci. L’on y apprend, par exemple, qu’en 2015, pas moins de 74.000 entrepreneurs de la construction travaillaient sans personnel. Seules 27.000 entreprises avaient du personnel. Cette prédominance des entreprises de petite taille va de pair avec des défis qui ont nom concurrence étrangère déloyale, marge de manœuvre réduite, choix budgétaires délicats, etc.
   

2.    Distorsion de la concurrence sur le marché de la construction

Ces pages démontrent notamment que le principe de libre prestation de services est mal exécuté. Et le double combat de la Confédération contre le dumping social et la concurrence déloyale de relever de l’urgence : près de 80% des entrepreneurs concèdent, en effet, avoir perdu des parts de marché au profit de concurrents étrangers.

A ce titre, la Confédération Construction s’est assignée deux objectifs : l’exécution rapide et complète d’un plan anti-dumping et l’acceptation, par le gouvernement, de la réduction de 6 € du coût salarial. Parce que « les mesures gouvernementales actuelles ne suffiront pas à restaurer la compétitivité des entreprises belges de la construction », s’inquiète la Confédération.

3.    Forces et faiblesses du modèle social

Ce contenu invite à redéfinir au plus vite les priorités de la concertation sociale, en l’adaptant aux nouvelles réalités du secteur. En témoignent un tableau éclairant sur le poids des charges sociales ou une comparaison des durées de préavis. Là encore, le débat, complexe, n’en est pas moins urgent.

4.    La qualité, un atout pour la compétitivité des PME

Le rapport annuel de l’organisation fondée en 1946 insiste, graphiques à l’appui (sur les flux de personnel ou le nombre croissant de formations, par exemple), sur le rôle essentiel de la qualité. A tous les niveaux –gestion du personnel, gestion financière, service à la clientèle, etc. Une donnée parlante ? En 6 ans, 100.000 ouvriers de la construction ont suivi une formation.

En un climat technologique en très forte évolution, la Confédération Construction exige le maintien d’une loi efficace pour la protection des consommateurs, l’absence de barrières entre les régions et un contrôle efficace, en particulier à l’égard des entreprises étrangères.

5.    Favoriser la croissance et le développement des PME

Cet objectif vital passera par une politique de soutien du secteur dans tous les aspects utiles à sa croissance : crédit pour investissements, accès aux marchés publics, gestion de la trésorerie, fiscalité, allègement des charges administratives (par le biais de l’ASA, l’Agence pour la simplification administrative au sein de laquelle la Confédération joue un rôle clé)…

La Confédération Construction plaide ici pour une baisse de l’impôt des sociétés qui allierait un taux nominal plus faible à moins de déductions.

En guise de conclusion, le rapport annuel 2015-2016 confronte l’analyse aux témoignages de responsables de PME. Ces récits attestent de la convergence entre leurs opinions et les constats portés à l’avant-scène par les experts de l’association qui les défend. Une association qui rappelle aussi qu’elle a récemment lancé Investir est vital, une ample campagne/pétition visant à pousser les pouvoirs publics à revoir leur politique d’investissement.