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“Projet d’aide à la transition au Cachemire”

Le matin du 8 octobre 2005, le nord du Pakistan (et plus précisément la NFWP et le Cachemire) a été frappé par un tremblement de terre dévastateur de 7,6 sur l’échelle de Richter. Sur une superficie aussi grande que la Belgique, pas moins de 75.000 personnes ont trouvé la mort, presque 3,5 millions de personnes se sont retrouvées sans abri et 400.000 habitations ont été détruites ou endommagées. Les dégâts ont été particulièrement importants à Muzaffarabad, ville située près de l’épicentre du séisme.

Au début du mois d’avril 2006, la phase de secours d’urgence déployée entre autres par les Nations Unies, la Croix-Rouge et MSF, est arrivée à son terme et les citoyens ont commencé à rentrer dans leur village après avoir passé l’hiver sous une tente dans des camps. L’accent s’est alors déplacé sur la restauration, la réhabilitation et la reconstruction. Mais avant qu'il ne soit question de reconstruire quoi que ce soit, il faut évidemment d'abord dégager tous les décombres et faire de la place pour les constructions neuves, ce qui est déjà en soi une tâche immense. La quantité de gravats à dégager ne doit pas être sous-estimée. Selon diverses évaluations, il s'agirait de 6 millions de m³ de gravats, soit la quantité totale produite par la Belgique en un an.

Dégager tous ces décombres pose un problème majeur sur le plan environnemental, social et de la sécurité. La région touchée est très montagneuse et le transport y est difficile. Le gouvernement souhaite également éviter que des décharges ne surgissent ici et là, non seulement pour ne pas nuire à la beauté du paysage, mais aussi parce qu’elles pourraient impliquer un risque de catastrophes naturelles ou de pollution de l’environnement. En effet, les décharges situées le long des rivières, par exemple, constituent un danger d’inondation important étant donné qu’elles rétrécissent le lit de la rivière. Par ailleurs, les décharges mal compactées sur les montagnes pourraient être à l’origine de glissements de terrain.

A la fin du mois d’avril 2006, dans la foulée d'une mission humanitaire entreprise au mois de novembre 2005 par plusieurs parlementaires bruxellois, la Confédération Construction et le CSTC ont donc mis sur pied, en collaboration avec l'association Ingenieurs zonder Grenzen (IzG), une mission technique au Cachemire. Cette mission, qui a pu compter sur le soutien d'un comité de patronage parmi lequel siégeaient quelques éminents représentants du secteur belge de la construction, avait pour objectif d’établir des contacts avec les autorités et les institutions locales, de recenser les besoins en formation ou en transfert de technologie et d’identifier les possibilités pour les partenaires belges de la contruction d’apporter leur contribution.

Une équipe de 3 ingénieurs du CSTC s’est donc rendue à Islamabad et a sillonné la zone touchée pendant une semaine, du 22 au 29 avril 2006. Ils ont visité diverses municipalités en vue d’évaluer la situation et de s’entretenir avec les représentants des diverses organisations impliquées dans les initiatives de reconstruction : autorités, organisations humanitaires et entrepreneurs. Le rapport complet de la mission peut être téléchargé depuis le site http://www.cstc.be/go/kashmir.

Par la suite, une synthèse de l’information a été faite et une série d’actions réalisables et qui puissent être entreprises par le secteur belge de la construction ont été identifiées. Il est évident que le transfert de technologie s’impose pour permettre un développement durable de la région à l’avenir. Mais les projets ne doivent pas seulement se concentrer sur l’aspect « soft » des choses (évaluation, formation, éducation) mais aussi sur les aspects « hard » (équipement, outils, etc.). Il est en effet inutile d’apporter la formation ou la démonstration de quelque chose qui ne pourra pas être appliqué par la suite, faute d’outils pratiques et/ou d’équipement.

A la suite de l’évaluation du comité de patronage belge en mai 2006 et de diverses actions menées dans les médias, une demande d’aide à la transition a été introduite en août 2006 auprès du ministère des affaires étrangères, du commerce extérieur et de la coopération au développement en vue de donner un suivi aux recommandations énoncées dans ce rapport. Par décret royal du 10 novembre 2006 (GR/2006/12), un soutien financier de la part du ministère des affaires étrangères, du commerce extérieur et de la coopération au développement a été attribué au projet.

Du côté pakistanais, le projet est mené en collaboration avec “Earthquake Reconstruction & Rehabilitation Authority” (ERRA) et “Municipal Cooperation Muzaffarabad” (MCM).

L’objectif spécifique de ce projet est de contribuer à court terme au recyclage des décombres à Muzaffarabad et à long terme à la mise sur pied d’une gestion des déchets efficace dans la région.

Dès lors, le projet prévoit :

  • L’installation et le démarrage d’un centre de recyclage à Muzaffarabad.
     
  • La formation de gérants pakistanais.
     
  • L’organisation de groupes de travail pour encourager le transfert de technologie sur le recyclage et la gestion des déchets.

Le centre de recyclage est destiné à être transmis à un partenaire local (ERRA et MCM) au terme du projet, aux fins de permettre le développement de réelles opportunités économiques au niveau local.

Nous sommes bien placés en Belgique pour offrir une aide utile compte tenu de notre longue expérience dans l'utilisation de matériaux recyclés provenant de la construction et des déchets de démolition, pour la construction de bâtiments et de voiries. En effet, notre pays dispose actuellement de 90 installations fixes et 30 installations mobiles en exploitation. L’utilisation de matériaux recyclés dans des applications de qualité inférieure pour la construction de voiries est devenue une pratique courante. Mais de tels produits recyclés sont aussi utilisés pour le béton, comme le démontre le projet Recyhouse sur le site CSTC à Limelette (http://www.recyhouse.be). Nous estimons néanmoins que cette dernière solution n'est pas appropriée à court terme pour la région du Cachemire. Elle demande en effet un contrôle strict de la qualité du recyclage. Or, l'urgence là-bas est plutôt de dégager les décombres rapidement et efficacement et de leur donner une destination utile. Le meilleur moyen d’y arriver est dès lors de mettre en œuvre des applications facilement contrôlables, qui ont fait leurs preuves depuis déjà de nombreuses années. Il est néanmoins envisageable que de futures opportunités commerciales se dégagent de ces activités de recyclage des décombres.

Le projet en cours depuis la fin du mois de novembre a progressé comme prévu. Un comité technique composé d’experts issus de Tradecowal (TRAitement des DEchets de COnstruction en WALLonie) et du VVS (Vereniging van Verwerkers van Slooppuin) a vu le jour et s’est réuni à plusieurs reprises. Un cahier des charges a été rédigé et un appel d’offres a été lancé. Les offres reçues ont ensuite été analysées et des négociations ont été entamées avec 4 candidats finalistes. Lors de sa réunion du 30 mars, le comité technique s’est prononcé en consensus pour l’achat de l’installation à Lahore (Pakistan), avec la société Jaffer Brothers. L’offre de cette société a été jugée la plus intéressante, particulièrement en raison de sa présence sur le marché pakistanais avec des équipements Terex-Pegson de renommée mondiale. Du reste, l’offre respecte le budget, répond aux exigences techniques et permet un déploiement rapide en cas de confirmation de la commande dans les plus brefs délais.

L’installation de recyclage doit arriver à Karachi (Pakistan) à la fin du mois de mai, avant d’être transportée à Muzaffarabad, où elle sera mise en exploitation au début du mois de juillet sur la décharge de MCM, le long de la rivière Neelum. A l’occasion d’une seconde mission, entreprise au mois de mars pour régler les aspects pratiques liés au démarrage final sur place et pour renforcer les contacts avec ERRA et MCM (Municipality Muzaffarabad), il est apparu clairement que les partenaires pakistanais apprécient réellement les efforts du secteur belge de la construction ainsi que l’aide du gouvernement belge dans le cadre de cette initiative. Le fait que ce projet humanitaire ait été mis sur pied et organisé sans la moindre réserve a été particulièrement salué.

Cette seconde visite a également permis de se rendre compte du rythme rapide auquel les activités de construction se déroulent actuellement au Cachemire. Il sera donc très opportun que le centre de recyclage soit opérationnel au début du mois de juillet.

Comité de patronage :

Dirk Cordeel, Rob Lenaers, Robert de Mûelenaere, Carlo De Pauw, Jan Venstermans, André du Bus de Warnaffe, Saadia Qazi, Ali Raza Syed, Benoit Braeckman, Alain Castermans

Comité technique :

Marc Regnier, Willy Goossens, Dirk Vandecappelle, Georges De Buysere

Experts CSTC :

Johan Vyncke, Johan Van Dessel, Christian Legrand

Pour plus d’information sur le projet « Kashmir Transition Aid Project » ou ce communiqué de presse :

ir. Johan Vyncke
Directeur Recherche et Innovation
Tél. 0475 47 89 23
E-mail: johan.vyncke@bbri.be
 
Véronique Vanderbruggen
Directeur Communication Confédération Construction
Tél. 02 545 56 26 - 0477 36 09 44
E-mail : veronique.vanderbruggen@confederationconstruction.be