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COMMUNIQUE DE PRESSE · 10 juni 2008
Bilan et perspectives: le dynamisme de la construction

Approche globale

En 2007, la construction s'est, de l'avis de l'Institut des Comptes Nationaux, affichée comme "la branche la plus dynamique" de l'économie.

Bénéficiant d'un environnement macroéconomique plus favorable que celui attendu par les experts, la construction a mieux résisté que ce qui était prévu. Même avec une croissance amputée de plus de moitié (3,8% contre 9,1% en 2006), la construction a pu, une fois de plus et pour la 5ème année consécutive, soutenir l'économie générale.


Les entrepreneurs ont dès lors poursuivi le renforcement de leurs capacités de production. Le nombre de leurs salariés a en effet augmenté de 6.000 unités en l'espace d'un an. Au terme de trois années d'une progression de l'emploi supérieure à la moyenne, les effectifs du secteur ont atteint le niveau de 208.700 travailleurs salariés au quatrième trimestre 2007, soit le niveau le plus élevé depuis le début des années '80.


La durée d'activité assurée par le carnet de commandes des entreprises n'a en outre pas cessé d'augmenter tout au long de l'année 2007, pour atteindre le niveau record de 5,5 mois au dernier trimestre de l'année. Cette évolution, combinée avec celle de la capacité de production, également en hausse de manière continue, est assurément le signe que la construction a terminé l'année 2007 en conservant un potentiel de croissance au moins pour les premiers mois de 2008.

Une analyse plus détaillée indique cependant que les chiffres relatifs au carnet de commandes ainsi que ceux qui se rapportent à l'emploi sont surtout favorables au bâtiment et plus encore au gros œuvre.

Les travaux de génie civil

Ce constat nous rappelle que l'année 2007 suit une année d'élections communales et que, traditionnellement, les années postélectorales sont marquées par le repli des investissements des pouvoirs locaux avant une période de quasi-stabilisation que le Bureau fédéral du Plan annonce déjà pour 2008.

Ce sont, on s’en doute, les activités liées aux travaux communaux qui souffrent le plus d'un tel recul mais il faut noter que celui-ci a été moins sensible qu’au cours des cycles précédents du fait que la croissance liée à l’impulsion électorale avait été, elle aussi, moins forte que lors du dernier cycle.

Le logement neuf

Compte tenu des délais de mise en chantier et de production, la construction de logements neufs a encore largement bénéficié du nombre record de logements qui avaient été autorisés en 2006. Mais ce niveau n'a toutefois pas pu être maintenu: le nombre de nouveaux logements autorisés a en effet connu une baisse de 12% en 2007.

Atteignant néanmoins les 54.000 unités, le nombre de nouveaux logements autorisés reste l'un des plus élevés de ces 25 dernières années. En outre, le profil conjoncturel de l'année 2007 est clairement caractérisé par une reprise de la demande qui met fin au mouvement baissier amorcé au cours du premier semestre 2006.

Les fondamentaux sont également plus favorables que ne le suggère la baisse constatée en 2007. La forte production de ces dernières années n'a en effet pas entraîné une surabondance de l'offre. Et, l'augmentation des coûts de l'immobilier, plus marquée que celle de la construction, terrain compris, a eu pour effet d'améliorer la position compétitive de la construction neuve par rapport aux logements existants.

La construction de bâtiments non-résidentiels

En augmentation de 30% pour ce qui concerne le volume des bâtiments autorisés, la demande de nouveaux bâtiments non-résidentiels a connu l'une des évolutions les plus marquées de ces dernières années.

Par ailleurs, l'analyse des chiffres mensuels ne fait pas apparaître, et c’est heureux, les signes annonciateurs d'un sévère recul.

Certes ciblée, principalement sur les bâtiments industriels, halls de stockage compris, et davantage marquée par une augmentation de la taille des projets que par l’augmentation de leur nombre, la progression de la demande de nouveaux bâtiments non-résidentiels n'en est pas moins source d'un important volume de travaux qui permet de remplir le carnet de commandes des entreprises et de suppléer à l’insuffisance de la demande de logements neufs.

La rénovation

Les statistiques disponibles en matière de rénovation1 montrent que l'année 2007 se solde par des évolutions moins tranchées que pour la construction neuve.

La rénovation de logements affiche une baisse de 5,8%, dont une moitié est imputable à une diminution de la taille des projets, la moitié restante étant justifiée par une réduction du nombre de projets.

La rénovation de bâtiments non-résidentiels enregistre une baisse de 2,5%, confirmant le maintien d’une corrélation négative entre les évolutions de la construction neuve et celles de la rénovation.

Evolutions récentes et perspectives

Les chiffres les plus récents indiquent que la construction a concrétisé au cours du premier trimestre de 2008 le potentiel de croissance qu'elle avait en commençant l'année.

La production des entreprises a en effet poursuivi sa progression (+1,7% par rapport au premier trimestre 2007) mais sur la base d'un rythme clairement en retrait par rapport à la moyenne de 2007. L'emploi a également encore augmenté (+1.400 unités, selon l'ICN) mais moins rapidement qu'au cours des trimestres précédents. La durée d'activité assurée par le carnet de commandes des entreprises a par contre quelque peu baissé pour revenir au niveau moyen de 2007.

L'évolution contrastée de la capacité de production (en hausse) et de la durée d'activité assurée par le carnet de commandes (en baisse) ne donne pas d'indication claire quant à l'évolution conjoncturelle de court terme.

Le baromètre conjoncturel indique que les entrepreneurs, à l'instar de leurs confrères des autres secteurs, sont devenus plus pessimistes au cours du second trimestre. Parallèlement, le nombre d'entreprises déclarant leur production freinée par un manque de main d'œuvre recule mais reste plus élevé que de coutume (3% contre 1,7% sur la moyenne des 5 dernières années). De leur côté, les chiffres mensuels des autorisations de bâtir, résidentielles, comme non-résidentielles du premier trimestre confirment une tendance favorable.

Conclusions

L’analyse globale des chiffres de l’année 2007 révèle des glissements au niveau de la demande et suggère la survenance de nouveaux glissements pour 2008, tant au niveau de la demande que de la production, laquelle suit la demande avec un certain décalage lié aux délais de mise en chantier. Ces glissements compliquent évidemment la vie des entreprises qui, pour la plupart, ne sont actives que sur certains segments du marché.

Ceci étant, le bilan de l’année 2007 est bon et les perspectives ne sont pas mauvaises pour 2008.

La croissance du secteur a cependant perdu une bonne partie de son tonus en 2007 et elle ne devrait pas le récupérer en 2008.

Les indications conjoncturelles les plus récentes sont au contraire de nature à renforcer les appréciations mitigées allant dans le sens d'un nouveau ralentissement de la croissance de la construction en 2008.


1 Couvrant seulement les travaux nécessitant un permis d'urbanisme du fait de la modification du volume, du nombre de logements ou de l'affectation du bâtiment.

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Véronique Vanderbruggen
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