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COMMUNIQUE DE PRESSE · 9 octobre 2008
Conjoncture: la construction s’épuise
Tous les indicateurs montrent que la construction est arrivée à la fin de son cycle de croissance: celle-ci s’est en effet réduite à moins de 1% .
La reprise de la demande dans le domaine résidentiel a avorté, de sorte que, si l’on tient compte des délais de mise en chantier et de production, tout ce qui entre en production est aujourd’hui inférieur à ce qui en sort. « Une crise immobilière en Belgique n’est cependant pas à craindre », prévient Robert de Mûelenaere, administrateur délégué à la Confédération Construction. « Mais une reprise de la demande de logements neufs ne doit pas être attendue non plus. »
Dans le non résidentiel (bureaux, bâtiments industriels,…), la hausse sensible des autorisations de bâtir délivrées en 2007 s’est accompagnée d’un recul du taux de mises en chantier. « Selon les premières estimations, les mises en chantier dans le non-résidentiel neuf auraient effectivement diminué de 10% au cours des premiers mois de l'année par rapport aux chiffres de fin 2007 », confirme Robert de Mûelenaere. « Cela peut s’expliquer par la perte de vigueur dans le dynamisme des investissements des entreprises »
La situation est par contre plus favorable pour la rénovation (tant le résidentiel que pour le non-résidentiel), qui joue bien son rôle de stabilisateur. « Nous constatons une nouvelle fois un effet de vases communicants qui se traduit par une reprise de la rénovation lorsque la demande de bâtiments neufs à tendance à faiblir. »
De manière globale, la situation du génie civil (travaux de voirie et infrastructures) est également plutôt favorable notamment grâce à une reprise des investissements publics durant la période 2007 – début 2008.
Dans ce contexte économique, Robert de Mûelenaere estime qu’il n’y a pas lieu de craindre un important recul d'activité en l'absence de réaction irrationnelle des donneurs d'ordres. Il souligne toutefois que pour la première fois en quatre ans, le nombre de salariés de la construction s’est stabilisé aux alentours de 210.000 travailleurs (employés et ouvriers). « Cela reste un niveau historiquement haut mais en raison de la stagnation de la production, nos entreprises ne s’attendent plus à une progression du nombre de leurs travailleurs pour les prochains mois. Cependant, les entrepreneurs chercheront à maintenir leurs effectifs le plus longtemps possible, conscients qu’ils sont des difficultés de recrutement d’une main-d’œuvre qualifiée en Belgique. »
Ces constatations conjoncturelles appellent deux remarques fondamentales de la part du secteur.
La première s’adresse plus particulièrement aux producteurs de matériaux de construction, qui ont, comme on le sait, appliqué des hausses de prix très importantes qu’ils justifiaient par la croissance des prix de l’énergie et des matières premières. Ces prix étant en train de diminuer et la tendance à la baisse devant vraisemblablement se poursuivre dans le contexte d’une économie mondiale caractérisée par une moindre croissance, les entrepreneurs attendent des producteurs une diminution proportionnelle du prix des matériaux de construction. « Une baisse du prix des matériaux ira également dans le sens des intérêts des producteurs puisqu’elle leur permettra de maintenir une demande soutenue et solvable ».
La seconde est formulée à l’attention des pouvoirs publics. Il est plus que jamais indispensable d’assortir le crédit hypothécaire à la construction d’une assurance « perte de revenus ». Il est en effet essentiel, dans le contexte de grande incertitude que nous connaissons, de rassurer les futurs emprunteurs, quel que soit par ailleurs leur niveau de revenus, en élargissant les systèmes existants et en accroissant leur efficacité. « Une telle approche offre en outre l’avantage, simple et peu coûteux, de soutenir l’activité dans un secteur clé de l’économie, lequel a par ailleurs suffisamment démontré sa capacité à soutenir la croissance générale », conclut Robert de Mûelenaere.
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